Cet édifice du XIIè siècle est situé sur la commune de Leynhac à 8 kms de Maurs,
sur la route de Maurs à Boisset et Marcolès (D 17) légèrement en retrait sur la rive gauche
de la rance, en amont du lieu-dit Planche du Souq.
Visible de la route il est accessible par un chemin
carrossable partant de la route (itinéraire fléché)
après le pont qui franchit la Rance. Cet, édifice
à l'architecture revêtue de grisaille, surmonté d'un
étroit campanile et recouvert de tuiles rouges,
détient sept-cents ans de souvenirs, ignorés de tous
jusqu'au début du siècle. La découverte à la bibliothèque
du Vatican en 1908 de la biographie en langue latine
de deux moines Bertrand de Grifeuille et Guillaume
Robert, fondateur de ce prieuré et le cartulaire abrégé
en langue romane permit à l'histoire de la Chapelle
de Notre Dame du Pont de prendre
peu à peu consistance.
chapelle du pont
La Chapelle Notre-Dame du Pont

Bertrand de Grifeuille et son disciple et collaborateur
Guillaume Robert auraient fondé de nombreux monastère
en Auvergne (escalmels, les Estourocs, Beaulier, etc...)
et en Quercy (Espagnac).Ils furent appelés à Leynhac
en 1151 ou 1152 par Guirbert de Marcenat qui leur donna
tous les terrains nécessaires pour que leur culture puisse
les nourrir, des pâturages pour leurs animaux, le droit d'usage
dans ses bois en échange de la fondation de la chapelle.

Ensuite succession de fortunes diverses : entre 1288 et 1430,
fléchissement du aux épidémies.En 1430, le prieuré est uni à
l'abbaye royale de la Couronne qui maintient un contact quasi
permanent. Puis c'est la période des guerres de religion
et de nouvelles épidémies de peste (1524  et 1577).
Renouveau avec le règne d'Henri IV mais nouvelles inquiétudes
durant le XVIIè siècle à cause d'une tentative
d'emprise temporaire des jésuites.
Ces libéralités furent suivies de quantité d'autres,
si bien que, les biens légués soit à Bertrand (qui aurait
été inhumé dans l'enfeu visible dans le chœur de la chapelle),
soit à ses trois premiers successeurs notamment Guillaume
Robert (inhumé, lui, au pied du mur extérieur)
se répartissaient en une vingtaine de paroisses.
A la fin du XVIIè siècle, les revenus du prieuré étaient de 1700 livres
et en 1860 l'abbé Chapelain du Pont, abandonna à De Aura seigneur
d'Entraygues (le château domine la Rance sur la rive droite
face à la Chapelle) les domaines du Pont sous des conditions
diverses qui furent sans doute mal observées d'où l'histoire
confuse de contestations, de traités, de procès
qui conduisit à l'annulation de cet abandon en 1735.
Jusqu'à la fin du XIIIè siècle, le prieuré, occupé par des
chanoines réguliers de Saint-Augustin, connaît une extraordinaire
vitalité. Les nobles et roturiers qui, à l'époque, n'hésitaient pas à
quitter leur pays pour aller visiter les tombeaux des saints
soit en France soit à l'étranger avec peu d'espoir de retour,
le pays étant peu sur, allaient faire leur dévotion
à Notre Dame du Pont et généralement un don suivait ces visites.
 
Vendu à la Révolution, transformé en auberge, il fut racheté
en 1835 par le frère Lac qui entreprit de le restaurer
sommairement. En 1899, on mit a découvert des fresques
intérieures qui avaient disparues au cours des siècles
sous des couches d'enduits. Mais les travaux s'arrêtèrent
et, transformé en débarras, dépourvu de tout entretien,
ouvert à tous les vents, perméable à toutes les pluies,
l'édifice s'acheminait vers une disparition certaine lorsqu'il
fut acquis en1964 par mademoiselle Clauzet qui commença
immédiatement des travaux de réparation et de 1968 à 1970
les murailles lépreuses furent confiées à des spécialistes
des beaux-Arts qui remirent à jour et
restaurèrent d'importants vestiges.

fresque
Ces fresques recouvraient la totalité de la voûte et les 3 côtés du chœur.Celles de la voûte et de la zone supérieure
sont de style roman et traitent de la création et de l'Eden. Celles de la zone médiane et de la zone inférieure ont,
semble t-il, été exécutées à la fin du XVè siècle en raison des costumes encombrants et compliqués des
personnages et des dessins moins conventionnels. Mitoyenne de la Chapelle, subsiste la maison du chapelin
datant de 1741. Avec sa galerie couverte et à claire voie, si caractéristique de la châtaigneraie,
elle ne manque pas de pittoresque. C'est en 1991 que la commune de LEYNHAC en devient propriétaire
afin d'en continuer la mise en valeur et afin qu'elle soit connue et protégée.
La chapelle est ouverte au public durant les mois
de juillet et août le jeudi de 14H00 à 16H00.
En dehors de ces mois sur rendez-vous à prendre à l'Office de Tourisme de MAURS (Tél. : 04.71.46.73.72)
ou à la Mairie de LEYNHAC (Tél. : 04.71.49.04.92)
de 14H00 à 17H00 sauf samedi et dimanche.

N.B. : Les renseignements ci-dessus ont été extrait de l'ouvrage "La Chapelle Romane de Notre Dame du Pont et ses fresques"
par Abel BEAUFRERE, conservateur des antiquités et objets d'arts du Cantal, actuellement épuisé mais dont l'imprimerie GERBERT
à Aurillac envisage la réimpression. Cette page a été réalisée grâce au travail de recgerche de Monsieur Jean MASSON,
retraité à Leynhac, ancien 1er Maire Adjoint.